Comment guérir les troubles de l’attachement
- damien launay

- il y a 1 jour
- 8 min de lecture
Comprendre les troubles de l'attachement : quand nos liens passés façonnent nos relations présentes
L’attachement, c’est le lien émotionnel profond que nous tissons dès la naissance avec nos figures de référence / d’attachement. Il est notre tout premier modèle de relation, et il conditionne tres souvent inconsciemment la façon dont nous interagissons, aimons, faisons confiance… ou fuyons.
Comprendre les troubles de l’attachement, c’est comprendre pourquoi certains schémas se répètent dans notre vie affective, professionnelle ou amicale. Et surtout, pourquoi il est fondamental de les travailler pour retrouver un sentiment de sécurité intérieure et d’estime de soi inconditionnelle. Lien vers mon article : Confiance en soi et estime de soi : faire la différence pour mieux se connaître
Qu’est-ce que les troubles de l’attachement ?
Le trouble de l’attachement survient lorsque, dans l’enfance, le lien avec la ou les figures parentales n’a pas été suffisamment sécurisant. Cela peut venir d’un manque de présence, d’écoute, de réponses adaptées aux besoins émotionnels de l’enfant.
Le cerveau d’un enfant est en pleine construction. Lorsque ses besoins affectifs ne sont pas accueillis avec constance et cohérence, il développe naturellement des stratégies adaptatives pour survivre émotionnellement et ne pas ressentir l'insécurité affective que cela lui procure. Rappelons que pour un humain et encore plus un enfant, l'insécurité affective est perçus par son système nerveux comme un danger de mort.
Un enfant n’a aucun contrôle réel sur son environnement : il ne peut ni partir, ni changer les adultes qui l’entourent. Alors il fait ce que son cerveau sait faire de mieux pour se sécuriser : s’adapter. Et pour donner du sens à ce qu’il vit, il finit souvent par croire qu’il est responsable des réactions des autres pour garder une sensation de contrôle et donc de sécurité.
Cette croyance lui permet de garder une forme de sécurité intérieure très précaire : si « le problème vient de moi », alors je peux changer quelque chose. C’est un mécanisme de survie, parce qu’il a infiniment plus de pouvoir sur lui-même que sur les adultes.
Paradoxalement, rien n’est plus insécurisant pour un enfant que de découvrir, même confusément, que le problème ne vient pas de lui. Que ce n’est pas à lui de réparer la relation, ni de porter les émotions des autres. Ce constat, trop lourd pour un cerveau immature, le pousse encore davantage à s’adapter… au détriment de son estime de lui.
Les stratégies développées par l’enfant deviennent plus tard ce que l’on nomme des styles d’attachement insécures, et elles ont un impact profond sur :
• la confiance et l'estime de soi 🤯
• la régulation émotionnelle 😔
• la qualité de nos relations 💔
• la perception de soi-même et du monde 🌍
Les 4 grands styles d’attachement et leurs conséquences
🔵 Attachement sécurisant
Ce style d’attachement naît généralement d’une enfance où les besoins fondamentaux ont été régulièrement satisfaits, où les émotions ont été accueillies et validées, où les erreurs étaient tolérées et perçues comme normales, et où l’amour était transmis sans condition...
Les parents ont su se montrer cohérents, constants, disponibles et chaleureux. Ils faisaient confiance à l’enfant, à sa capacité à traverser les difficultés, tout en restant un soutien fiable, stable et rassurant sur lequel l'enfant pouvait s’appuyer.
Adulte, cela donne :
• Capacité à avoir confiance en soi et les autres
• Bonne estime de soi (se voir important et suffisant tel qu'il est)
• Stabilité émotionnelle et sécurité intérieur
• Capacité à s’affirmer et à recevoir l’amour sans se perdre
Exemple : Camille, 32 ans, sait poser ses limites en couple sans culpabiliser. Elle ne panique pas quand son partenaire est occupé ou agacé contre elle, car elle sait qu’elle est digne d’amour.
🟠 Attachement anxieux (ou ambivalent)
Ce style d’attachement se développe lorsque l’enfant reçoit de l’attention de manière imprévisible : parfois très présent, chaleureux et réconfortant, parfois distant, absorbé, irrité ou indisponible. Cette incohérence rend le lien profondément insécurisant pour l’enfant.
Ne sachant jamais à quoi s’attendre, il devient hypervigilant au moindre signe d’éloignement. L’amour semble alors conditionnel, fragile, dépendant d’un « bon comportement » ou d’un « bon moment ». L’enfant développe une angoisse d’abandon quasi permanente, convaincu qu’il doit se battre et être parfait pour mériter l’attention et que le lien peut se rompre à tout instant.
Plus tard, chez l’adulte, cela se traduit souvent par une peur intense de perdre l’autre, un besoin de réassurance fréquent, une hypersensibilité aux signaux et non verbal des autres et une difficulté à se sentir en sécurité, même lorsqu’il est réellement aimé.
Adulte, cela donne :
• Dépendance affective / Sur solicitations des autres
• Jalousie, peur de perdre l’autre
• Besoin de réassurance constante
• Suradaptation pour plaire
• Anxiété importante (sensation de marcher sur des œufs)
Exemple : Sophie, 28 ans, se sent toujours en insécurité dans ses relations. Elle envoie des messages et panique si on ne lui répond pas rapidement. Elle a peur d’être « trop » ou « pas assez».
🔴 Attachement évitant (ou détaché)
Ce style d’attachement se forme lorsque l’enfant découvre, souvent très tôt, que ses émotions ne sont ni accueillies, ni entendues : elles sont ignorées, minimisées, ridiculisées ou perçues comme une gêne. Chaque tentative d’exprimer un besoin se heurte à de la distance, de l’agacement ou à des injonctions du type « arrête », « sois fort », « ce n’est rien ».
Face à cette absence de disponibilité émotionnelle des parents, l’enfant apprend une stratégie de survie puissante : ne plus avoir besoin des autres. Il comprend instinctivement que montrer sa vulnérabilité ne mène à rien, voire qu’elle provoque du rejet. Il se coupe donc progressivement de ses émotions, de ses attentes et même de son désir de proximité.
En apparence, il devient autonome, calme, « qui ne demande rien ». Mais à l’intérieur, il porte un profond manque de sécurité affective. Son cœur reste vigilant, même si son visage reste neutre et sans émotions.
Adulte, cela se traduit souvent par une difficulté à se laisser approcher, une tendance à minimiser ses propres besoins, une impression de ne jamais vraiment « avoir besoin de personne », et une peur inconsciente de la dépendance affective qui l’amène à garder les autres à distance, même ceux qu’il aime.
Adulte, cela donne :
• Détachement apparent (dissociation des émotions importante)
• Difficulté à se livrer ou à demander de l’aide
• Peur d’être envahi ou dépendant
• Besoin excessif de contrôle
• Isolement / solitude
Exemple : Maxime, 35 ans, coupe court dès qu’une relation devient trop intime. Il rejet avant d'être rejeté et préfère la solitude aux conflits, mais souffre d’un vide affectif qu’il ne s’explique pas.

⚫ Attachement désorganisé
Ce style d’attachement se développe lorsque l’enfant fait face à un double message insoutenable : la personne censée le protéger est aussi celle qui l’effraie, l’ignore ou le déstabilise. L’enfant vit alors une contradiction impossible :
👉 « J’ai besoin de toi pour me sentir en sécurité… mais tu es aussi la source de ma peur. »
Cela arrive souvent dans des environnements marqués par l’imprévisibilité, des émotions parentales explosives, du chaos relationnel, de la négligence, ou encore lorsqu’un parent est lui-même traumatisé, déprimé ou dissocié.
Ne sachant jamais comment réagir, l’enfant oscille entre des mouvements de proximité (chercher du réconfort) et de fuite (se protéger), sans trouver de stratégie stable qui lui permette d’avoir un semblant de sécurité. Il n’a pas pu construire une carte interne cohérente des relations. À l’intérieur, tout est confusion, vigilance extrême et sentiment de danger diffus et constant.
Faute d’un repère fiable, il développe des comportements contradictoires : se rapprocher puis repousser, s’effondrer puis s’agiter, se figer, perdre ses moyens, ou se dissocier. C’est une tentative de survivre dans un environnement où rien n’est prévisible.
Adulte, cela donne :
• Comportements contradictoires : vouloir aimer, puis fuir ou agresser
• Crises émotionnelles intenses ou parfois dissociation extrême
• Hypervigilance permanente
• Difficulté à stabiliser les relations
Exemple : Nora, 29 ans, alterne entre fusion et rejet dans ses relations. Elle devient agressive dès qu’elle sent une menace de trahison, même si elle est imaginaire.
La différence fondamentale ?
L’enfant désorganisé n’a jamais pu créer une stratégie stable pour obtenir de la sécurité, contrairement aux deux autres.
• L’anxieux a une stratégie : « Je me rapproche pour éviter d’être abandonné. »
• L’évitant a une stratégie : « Je me coupe pour ne pas être blessé. »
• Le désorganisé n’a pas de stratégie cohérente : « Je veux m’approcher, mais j’ai peur. Je veux fuir, mais j’ai besoin d’amour. »
C’est le conflit interne qui fait toute la différence.
Comment le reconnaître clairement ?
L’attachement désorganisé se repère non pas par le comportement…… mais par le va-et-vient chaotique, la contradiction impulsive, l’alternance rapide entre :
• fusion → rejet
• proximité → panique
• amour → méfiance
• besoin → fuite
Ce n’est ni de l’indépendance (évitant), ni de la dépendance (anxieux).C’est un état de confusion interne et d’hypervigilance.
L’attachement désorganisé emprunte les comportements de l’anxieux et de l’évitant, mais sans cohérence interne. Ce n’est pas une stratégie : c’est une survie.
Pourquoi est-ce si important de travailler sur ses troubles affectifs ?
Parce qu’ils dirigent notre vie sans qu’on en ait vraiment conscience. Ils conditionnent nos choix de partenaires, nos réactions, nos peurs, nos envies. Et surtout, ils influencent notre rapport à nous-même.
Travailler sur ses troubles de l’attachement, c’est :
• Se libérer de mécanismes de protection devenus obsolètes
• Apprendre à s’autoriser à recevoir sans devoir mériter
• Oser dire non, poser ses limites, exprimer ses besoins
• Guérir les blessures du passé pour ne plus vivre en mode survie
• Développer une vraie et bonne estime de soi
🧠 C’est un cadeau immense que l’on se fait à soi-même et aussi aux autres : celui d’une vie plus libre, plus apaisée, plus alignée.
Quel impact sur le système nerveux ?
Le système nerveux autonome régule nos états de sécurité ou de menace. Quand un attachement est insécure, notre système nerveux est en alerte constante.
Résultat ? On vit en mode hypervigilance (fuite, attaque, figement), même sans danger réel.
Cela engendre :
• Stress chronique
• Anxiété / Angoisses
• Difficulté à se détendre
• Somatisation (douleurs, fatigue, troubles digestifs…)
Lorsque l’on commence à guérir ses attachements insécures, on apprend à rétablir une sécurité intérieure, en reconnectant le corps et l’émotionnel. Cela permet au système nerveux de sortir du mode survie pour aller vers un état plus régulé. Un état de vie et de sécurité.
🌱 Le sentiment d’être en sécurité avec soi-même, sans avoir à se justifier, performer ou se protéger en permanence, est profondément libérateur.
Et sur l’estime de soi ?
Quand l’amour reçu dépendait de ce qu’on faisait (et non de ce qu’on était), on apprend à conditionner sa valeur à la performance et au regard des autres.
Le travail sur l’attachement permet de reconstruire une estime de soi inconditionnelle, où l’on se sent digne d’amour juste parce qu’on existe, sans avoir à le mériter.
Cela transforme :
• Notre capacité à prendre des décisions
• Notre posture dans les relations
• Notre regard sur nous-mêmes
Et surtout… ça permet de se réconcilier avec soi ❤️
Comment travailler les troubles de l'attachement ?
🧭 Ce chemin peut être long, mais il commence souvent par une prise de conscience. Puis vient le besoin d’être accompagné par un thérapeute et/ou un coach formé aux blessures d’attachement et à la régulation du système nerveux.
Tu peux commencer par :
• Lire des ouvrages comme « Les styles d’attachement » d’Amir Levine et Rachel Heller
• Suivre des pratiques de régulation somatique (respiration, mouvements, ancrage)
• Écouter les signaux de ton corps et tes émotions
Mais rien ne remplace un cadre thérapeutique sécurisé pour explorer ces profondeurs avec bienveillance et provoquer un changement en profondeur.
Conclusion : tu n’es pas cassé(e), tu t’es adapté(e)
Tu as développé des mécanismes pour tenir debout dans un monde qui ne t’a pas ou pas toujours porté. Et ça, c’est une force incroyable !
Mais aujourd’hui, tu n’as peut-être plus besoin de ces mécanismes et stratégies automatiques. Tu peux choisir de t’alléger, de te réparer, de te retrouver.
✨ Je te propose une séance découverte gratuite pour t’aider à poser un premier pas vers cette transformation. Je me réserve aussi le droit de ne pas poursuivre l’accompagnement si je sens que tu n’es pas prêt(e) à entrer dans ce processus. Parce qu'il est important pour moi de te garantir un résultat.
Tu veux avancer avec plus de sécurité intérieure ? 📩 Viens m’en parler.







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